
Le caporal Kevin John Rodgers était mon père. Même si je n’ai jamais eu l’occasion de le connaître, son service, son sacrifice et son héritage ont façonné ma vie de mille et une façons.
Mon père a commencé son parcours militaire au sein du Corps des cadets des Cameron Highlanders d’Ottawa en 1967, avant de se joindre au 28e Bataillon de service (Réserve) en 1972. En 1976, il s’est enrôlé dans la Force régulière à titre de conducteur de véhicules motorisés et a été affecté au Centre d’essais du génie terrestre (LETE) à Orléans, en Ontario. C’est là qu’il a fait le sacrifice ultime au service du Canada, laissant derrière lui ma mère, Joanne (née Short), et moi-même, qui n’avais que sept mois.
Son héritage ne s’est pas éteint avec son décès. En 1987, le LETE a rendu hommage à son service en baptisant son installation nouvellement achevée « Édifice du caporal Kevin John Rodgers ». Lorsque cette dédicace a été perdue à la suite de la fermeture du LETE, notre famille a collaboré avec la GRC pour la rétablir. Le 11 mai 2004, l’édifice a été officiellement rebaptisé « Édifice K. J. Rodgers », garantissant ainsi que son nom et son sacrifice ne seraient jamais oubliés.
Aujourd’hui, plus de quatre décennies plus tard, l’héritage de mon père perdure. Mon fils, fièrement prénommé Kevin en l’honneur du grand-père qu’il n’a jamais eu la chance de rencontrer, sert désormais au sein des Forces armées canadiennes. Trois générations, unies par leur engagement au service du Canada, témoignent des valeurs que mon père incarnait et pour lesquelles il a donné sa vie.
Je ne pourrais être plus fière d’être sa fille, ni de voir son petit-fils perpétuer cet héritage.